07.05.2012
Anticipation : les réformes de la présidence François Hollande 2012-2017
(Note écrite le 6 mai 2012 au soir mais mise en ligne le lendemain matin pour des raisons techniques.)
Le vote Hollande va vite entraîner des désenchantements. Beaucoup, touchés par la crise économique internationale, ont voté pour lui dans l’espoir de plus de redistribution, de « justice » sociale (en clair : dans l’espoir que l’Etat leur reverse de l’argent à la fin du mois). Mais après deux ou trois mesures symboliques prises d’ici l’été, tel le fameux « coup de pouce » au smic, il n’y aura rien.
Au-delà du symbole, ces mesures apparaîtront vite ridicules sur le plan quantitatif. Même en expropriant les 10.000 plus riches du pays, on ne pourra donner grand-chose à chacun des 60 millions de Français. Exploiter le slogan « Taxer les riches » fait rêver les postiers, les ouvriers et les innombrables petits fonctionnaires qui ne sont jamais sortis de leur quartier ou de leur bureau, mais c’est un gigantesque leurre, car il y a en fait si peu à gagner de cette promesse.
Pire : la défiance économique et financière accrue face à la France qui en résultera ne peut qu’aggraver la crise économique. Et ce qui aura - éventuellement - été donné d’une main aux plus modestes ou aux classes moyennes leur sera immédiatement repris d’une autre par l’aggravation de la crise.
C’est que François Hollande n’a pas pris la mesure de la mutation internationale en cours (crise actuelles, mutations structurelles…). Sa première déclaration à Tulle le 6 mai au soir le démontre encore. « Je veux que mon action soit jugée sur le critère : « Ai-je fait avancer la cause de l’égalité ? » » a-t-il déclaré. C’est bien beau. Mais le problème actuellement, c’est de financer l’Etat français, de réduire rapidement son déficit puis sa dette, de relancer la production en France, de remonter ainsi le niveau de l’emploi, de maintenir la valeur ajoutée sur le territoire nationale, de promouvoir les filières industrielles d’avenir, de relancer ainsi la croissance du PIB qui profite de toutes façons à tous, etc. C’est là-dessus que Hollande, au bout de 5 ans, devra être jugé. Pas sur l’égalité de la portion de pain des Français dans une France en ruine ! L’égalité peut être un objectif, mais ce ne peut être le baromètre principale de réussite pour un président qui arrive dans une telle situation économique. Plutôt que de vérifier avec son double décimètre les parts de gâteau, il ferait mieux de tout mettre en œuvre pour qu’on puisse produire le gâteau, et le plus gros possible ! On voit bien que Hollande n'est pas à la hauteur des défis.
Mais, il a été élu président pour cinq ans. Voilà ce qu’il va faire.
Dans les semaines qui viennent, François Holland va partir pour l’Allemagne et le reste du vieux continent, pour faire la leçon, lui le fraîchement élu qui n’est jamais parvenu à être ministre ni même secrétaire d’Etat, à tous les chefs d’Etat et de gouvernement européens qui mènent depuis des années le combat contre la crise. On lui rira plus ou moins poliment au nez.
Quand à rajouter un volet « croissance » aux mesures d’austérité, on ne l’a pas attendu pour en discuter au niveau européen, ou pour le réaliser au niveau de chaque pays. Mais à condition que cette croissance n’aggrave pas les déficits de l’Etat (il faut une relance de l’offre et non une relance keynésienne), puisque le but même de l’austérité est de rétablir les finances publiques. Mais cela, il n’est pas sûr que François Hollande l’ai vraiment compris.
Bon quelques mois passent : un printemps d’illusion, un été d’insouciance, puis c’est la rentrée 2012, et l’hiver 2012-2013. On dresse un premier bilan de l’action de François Hollande.
- Oui, le nouveau chef de l’Etat français est plus présentable que le précédent : il se tient plus droit, il parle un langage châtié, il évite les dérapages vulgaires, tandis que les récits de ses bonnes bouffes entre amis dans des bistrots régionaux plaisent aux français : cela leur rappelle Chirac. Mais le poids de la France en Europe et dans le monde s’est parallèlement effondré : la France est rentrée dans le rang, elle est devenue "normale" avec un président normal. La France ne s'exprime plus que quand on lui demande, sa voix ne porte plus. Finalement, on n’y a pas tant gagné que cela.
- L’Etat a fini de vider ses caisses (ou celle des autres acteurs économiques du pays) avec les quelques mesures « sociales » mises en œuvre (smic, subvention du prix de l’essence, etc.). La crise financière s’aggrave donc, ce qui coûte encore plus cher à l’Etat. Après avoir exproprié les riches, Hollande doit augmenter les impôts sur tous (TVA), et les classes « populaires » reperdent ce qu’elles avaient gagné. C’était facilement prévisible (on vous le dit ici dès aujourd’hui).
- Les électeurs de gauche sont naturellement déçus. Ils espéraient (faut être naïf tout de même..) « le changement » voire le « grand soir » (si si, on chante bien l’Internationale ce soir à la mairie de Bordeaux, selon France Inter). Or rien ne s'est produit. Alors Mélenchon grogne de plus en plus fort et rafle la mise politique, attirant par paquets les déçus de Hollande (le FN récupère malheureusement une autre partie des déçus, ceux qui ont le moins de culture politique).
- Hollande se tétanise devant l’ampleur de tâche, coincé entre une gauche populiste qui vit sur une autre planète et une droite qui exploite ses erreurs. Seul dans son bureau, épuisé, au bord de la dépression entre deux négociations marathons à Bruxelles, Hollande médite : C’était donc vrai, cette crise économique et financière ! L’agitation de Sarkozy pendant ses 5 ans de mandat en France comme à l’international, ce n’était donc pas du crique ! C’était donc du vrai travail pour protéger la France de la crise ! Comme il en faut de l’énergie, de l’abnégation, du sacrifice pour ce job !
- A cet stade, on est en 2013-2014, deux solutions s’ouvrent au pauvre François Hollande :
1) Soit démissionner. Ce travail est décidément trop épuisant. D’incessantes négociations internationales de la dernière chance, des syndicats français qui ne comprennent rien à rien, des camarades socialistes qui demandent d’ouvrir les vannes financières (oui, mais celles-ci sont vides mais ils s’en foutent..), la démagogie des populistes de gauche et d’extrême-droite, le poids des réalités économiques et financières… C’est décidément trop difficile. Il faut avoir l’énergie et le volontarisme d’un Sarkozy pour suivre le rythme, pas la lenteur calculée d’un François Hollande. Ah, que la vie était douce en Corrèze !! Retournons-y !
2) Soit la classique stratégie de la poudre aux yeux « progressiste » (stratégie minable sur le fond - François Hollande, dans son for intérieur, en a honte, mais il pense ainsi sauver l’intérêt du Parti socialiste). Il s’agit, tout en se laissant sur fond endormir dans le confort de l’Elysée, de donner le change à l’électorat socialiste qui avait eu le tort d’attendre un changement en 2012 (les naïfs... Certes, c’étaient surtout des jeunes, donc des gens sans culture politique ou économique, seulement élevés à la politique à coups de caricatures et d’injures anti-Sarkozy..). Alors il faut gérer en finesse un calendrier de réformes de société (sur 2013, 2014, 2015, 2016..) qui ne mangent pas de pain, qui doivent suffisamment irriter la droite pour provoques de belles polémiques, et donner ainsi du grain à moudre à des militants socialistes déçus et déboussolés : le droit de vote des immigrés aux élections locales, le mariage gay, et autres coups de canif de plus en plus profonds à la République et à la société française. C’est de la poudre aux yeux, mais ça ne coûte rien (du moins financièrement) et ça permet de gagner du temps jusqu’aux présidentielles de 2017...
Bref, sur le fond le mandat Hollande et les bêtises du « changement c’est maintenant » sera en pleine déconfiture.
Il pourrait tout juste être sauvé sur le tard par un apaisement de la crise mondiale, pas impossible à l’horizon 2015-2017 (merci les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde, la Chine…). Et encore.
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04.05.2012
Les raisons de voter Sarkozy
Ce blog a été interrompu pour raisons de santé. L'enjeu de dimanche me pousse à intervenir.
Au delà des programmes - il y a de bonnes idées chez chaque candidat (nous avions commencé en 2011 à passer en revue les programmes des principaux partis) - la capacité des deux candidats en lice pour le second tour à présider la France n'est pas la même. Elle apparaît même très déséquilibrée. Il est temps de faire un choix clair.
Hollande : des handicaps trop lourds pour être président
Pas la carrure d'un président
La personnalité de Sarkozy (nerveux, vif, colérique) est désagréable, mais on est au moins assuré de sa volonté, de sa tenacité, de son énergie pour lutter contre les crises qui nous assaillent. Ce dont on peut douter avec Hollande qui a toujours été jugé comme un mou consensuel par ses ennemis comme par ses amis ("flanby", "l'édredon", le "capitaine de pédalo", etc.).
Une personnalité travestie
Pendant sa campagne, Hollande a adopté un ton volontariste, sérieux, doctoral et rigoureux qui lui a bien servi. Mais ce n'est pas là sa vraie personnalité. Tout le monde sait depuis des années que c'est un bout-en-train ("monsieur blague") et un rigolo sympa. Nous n'apprécions pas ce travestissement total de personnalité malhonnête voire inquiétant destiné à faire oublier son inexpérience (Sarkozy et Chirac, par exemple, ont toujours été plus "nature", laissant mieux voir à tous les qualités comme leurs défaut).
Une totale inexpérience
François Hollande a n'a dirigé que le PS (1997-2008), puis la Corrèze (depuis 2008), l'un des départements les plus endettés de France.
On ne lui a jamais confié de mission d'importance nationale qui eut pu lui donner une début d'expérience nationale gouvernementale. Pas bien rassurant compte tenu de l'ampleur des défis à venir.
Absence de stature internationale
Sarkozy a une stature internationale : déblocage de l'Europe avec le traité de Lisbonne, transformation du G8 en G20, réforme de la finance internationale, plan de sauvetage de la Grèce acquis avec Merkel. Hollande n'aura pas la même stature internationale, la France pèsera moins.
Un redressement financier pas crédible
L'équation économique et financière de François Hollande n'est pas claire : on ne peut à la fois augmenter le nombre de fonctionnaires et la dépense publique et réduire le déficit public sans alourdir encore la pression fiscale, déjà l'une des plus élevées du monde, ce qui ralentira d'autant l'économie. Or, si l'économie ralentit, le déficit public (et donc la dette publique) s'aggravent...
Un président coincé par ses "camarades"
Et en admettant même que François Hollande ait compris l'importance des enjeux économiques et financiers actuel, ont peut craindre qu'il reste prisonnier de ses camarades du PS, traditionnel lobby de la fonction publique. Saura-t-il ainsi résister aux appels au "dépenser toujours plus" de ses camarades ?
Un éventuel futur gouvernement Martine Aubry, l'aile étatiste "à l'ancienne" du PS, ne dit rien qu vaille en la matière.
Et François Hollande aura-t-il assez de caractère pour prendre de front ses amis afin d'adopter les réformes indispensables à la France, même si elles exigent des sacrifices ? Il risque plutôt de faire comme Jospin, qui n'a pas mis deux semaines en 1997 pour reculer devant les syndicats lorsqu'il a voulu commencer à réformer les retraites. Moyen en quoi, la France a perdu 10 ans sur ce dossier !
Bilan : Hollande pourrait peut-être faire un honnête président de la République en période de grande tranquilité. Mais il n'est vraiment pas à la hauteur face à la crise économique et financière internationale.
Avec lui, la crise de défiance face à la France risque de s'aggraver. Et les classes populaires perdront avec l'aggravation de la crise le peu qu'elles auront éventuellement gagné avec les quelque mesures de redistribution sociale promises.
Les points forts de Sarkozy
La volonté
Son caractère est souvent insupportable, mais Sarkozy possède une vraie énergie qu'il met au service des réformes nécessaires pour le pays et de la lutte contre la crise.
Des réformes de fond courageuses
Sarkozy a pris le risque de faire des réformes considérées comme indispensables même elles prennent de front les divers lobbys (d'où son impopularité) : Réforme des retraites, Réforme de l'Etat (RGPP, mobilité et simplifications des métiers dans lafonction publique), Autonomie des université, Réforme de la gouvernance des hôpitaux (loi HPST), le service minimum dans les écoles et les transports, etc.
Seul un président volontariste et courageux, et non "consensuel", peut mener les réformes, qui heurtent évidemment les habitudes et les petits avantages des uns et des autres au profit de l'intérêt général du pays mais sont indispensables pour moderniser la France.
Un "bon" bilan face à la crise
Les choses sont claires. Depuis 2007, le Monde, et donc la France également, ont été touchés par deux crises économiques (subprimes en 2007-2008 et dettes souveraines depuis 2009). Mais la France a mieux résisté que la plupart des autres grands pays développés à ces crises (moindre augmentation du chômage, pas de récession lors de la seconde phase de crise), et ceci sans remise en cause du modèle social français ! Une réussite qui est à mettre à l'actif de Sarkozy. On peut compter sur la poursuite de cette politique dans la crise actuelle.
Une stature internationale
Le poids international et européen de Sarkozy lui-même constitue un atout pour prendre les décisions qui protègent les Français de la crise.
Bilan : Sarkozy est "chiant", il prend les Français à rebrousse-poils, bouscule les positions acquises, mais son énergie et son expérience sont un vrai "plus" pour la France, surtout dans la situation actuelle. Il est l'homme de la situation, qu'on l'aime ou non.
11:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, programme
11.01.2012
Quotient familial : la grosse connerie de François Hollande
On comprend bien la logique de redistribution de suppression du quotient familial.
Mais la proposition de François Hollande paraît particulièrement injuste et absurde. Pour les familles considérées comme "aisées" (on verra que ce concept devient relatif avec la multiplication des enfants), plus elles ont d'enfants (3 ou plus), plus elles sont perdantes avec la réforme Hollande !
1) Une erreur sur les principes. La politique familiale a pour objectif premier de soutenir la natalité nationale. Le quotient familial est une sorte de compensation au service rendu à la nation que constituent le soin et l'éducation des enfants (des milliers d'heures d'efforts, de nuits blanches, de sacrifices de temps, de place, d'énergie, d'argent). On le fait certes par amour, mais c'est aussi un service rendu à la nation. Et même le premier qu'on peut lui rendre : assurer sa pérennité avec des enfants qui transmettront à leur tour les valeurs et la culture du pays. La reconnaissance de ce service national n'a pas à faire rentrer le niveau revenu en ligne de compte (la redistribution est bien, mais c'est un autre aspect de la politique familiale). Comme pour d'autres services rendu à la nation : service militaire, sang versé pour la patrie, médailles olympiques, prix pour les chercheurs, etc.
2) Une erreur d'analyse sociologique : les familles "aisées" ne le sont souvent en fait pas. Elever des enfants - grande source d'enrichissement national et personnel d'un point de vue humain - est une source d'appauvrissement financier. Un fait bien connu des économistes et des sociologues. Un rapport officiel explique : "Après impôts et prestations sociales, le niveau de vie des familles de plus de 3 enfants et des parents isolés élevant deux enfants ou plus est inférieur de moitié à celui des célibataires ou des couples sans enfants" (Rapport Thelot-Villac sur la politique familiale). On passe ainsi vite, de facto de la soi-disant "aisance" (au vu des revenus) à la gène (en termes de niveau de vie) !
Pour prendre un exemple que je connais : pour élever 4 enfant à Paris, où le prix moyen du metres carrés est de 7950 €, sans tomber dans les critères officiels de "surpeuplement" et donc de "mal logement" (INSEE, Fondation Abbé Pierre), il faut au moins 72 m2. Et même près de 80 m2 le jour où deux enfants sont devenus adolescents. Soient des logements valant 570.000 € dans un cas et 636.000 € dans l'autre cas. Seulement accessibles à des personnes un mimimum aisée et encore, vit-on à la limite du surpeuplement ! (ou même souvent en plein surpeuplement : le mètre carré n'indique pas le nombre de chambres : tout dépend de l'agencement du logement). Et qu'on ne dise pas "mais ils n'ont qu'à ne pas vivre à Paris". Doit-on être obligé, parce qu'on est une famille, de quitter l'endroit où l'on est né, où résident ses amis voire sa famille (parfois essentiel pour réduire les frais de garde), de changer les enfants d'école, et donc d'amis, d'activités extra-scolaires, etc. ?
3) Un effet désatreux : plus de la moitié des familles nombreuses (3 enfants et plus) seront pénalisées ! C'est bien de vouloir aider les familles modestes de 1 ou 2 enfants, mais pas en pénalisant au moins la moitié des familles nombreuses, qui ont 3 enfants ou plus. Selon le président d'une association familiale, la réforme Hollande pénaliserait 53% des familles de 3 enfants et plus ! Selon la direction du Trésor, "55% des couples avec 2 enfants payeraient au moins 1.000 euros d'impôts sur le revenu par an en plus, 31% des copuples avec 3 enfants, 2.571 euros en plus" (Le Figaro, 11 janvier 2012). Sachant que - même si elles sont sensées "avoir les moyens" au vu de leurs revenus - elles voient en fait leurs frais s'envoler à partir de 3 ou 4 enfants (logement, changement de voiture, vacances plus complexes : les hôtels n'acceptent pas 6 personnes dans une seule chambre, etc.). Or ce sont justement déjà les familles nombreuses qui ont la vie la plus difficile.
4) Une erreur dans le mécanisme de "redistribution" : faut-il vraiment pénaliser certaines familles (les plus nombreuses de surcroît) pour en aider d'autres ? Au fond, la mesure prônée par François Hollande revient à pénaliser les familles "aisées", surtout les familles nombreuses d'ailleurs (qui sont moins aisées de facto compte tenu de leurs dépenses), au profit des familles plus modestes.
Ce n'est pas très juste de taper sur les familles nombreuses, même jugées aisées au vu de leurs revenus. Elles ne le sont pas en termes de niveau de vie : selon l'Insee, 34% des familles de 4 enfants et plus sont dans la "pauvreté" même après transferts sociaux (contre 9% des familles de 1 ou 2 enfants). Mais, avant transferts sociaux, ce seraient 64% des familles de 4 enfants et plus qui seraient dans la pauvreté http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/er555.pdf, tableau page 8). Oui, 64% ! Et les autres, sans être "pauvres" sont ramenés dans les niveaux de vie modestes. Pas très justes de tomber sur elles ! Au lieu de tomber sur les familles (notamment nombreuses : seulement 1,7 million de ces familles sont recensées en France, selon le ministère de la Santé : http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/er555.pdf, page 1), si l'on souhaite aider les familles populaires, n'y a t-il pas d'autres cibles fiscales possibles qui n'ont pas, elles, à payer le logement, l'entretien, la scolarité et les vacances des enfants ?
5) Un effet pervers imprévu pour la moitié des familles modestes ? De surcroît, effet pervers imprévu, selon François Fondard, le président de l'Unaf, "environ la moitié des familles modestes aujourd'hui exemptées d'impôts y serait assujetties si l'on supprimait le quotient familial." (Le Figaro, 11 janvier 2012).
6) Il existe déjà beaucoup d'autres formes de redistribution envers les familles modestes. L'argument de départ de François Hollande est que les réductions d'impôt ne profitent qu'aux personnes imposées. Mais c'est oublier que les autres (la moitié de la population), en plus du bénéfice de ne pas payer d'impôts, touchent bien souvent d'autres types d'aides : Aides au logement, Aides de la CAF sous conditions de ressources (par exemple pour des départs en vacances), Primes gouvernementales, Allocations de rentrée scolaire, etc.). C'est sûrement souvent insuffisant (surtout en zone urbaine), mais celà représente déjà un large panel de mesures de redistribution envers les familles modestes.
Au final, à partir de quelques approximations sur les soit-disant "aisés" (qui le sont bien moins avec des enfants !), on aboutit à une mesure parfaitement injuste qu'il faut combattre. Si l'on ne savait pas encore pour qui voter à la Présidentielle, on saura désormais - s'il persiste - pour qui il ne faut pas voter.
12:19 Publié dans Actualité, Fondamental | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : famille, social, ps, fiscalité